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Histoire des Premières Nations :: Les guides

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Le présent guide a pour but de vous aider à mieux connaître les cérémonies et les objets sacrés des nombreux peuples autochtones au Canada.

Les diverges croyances religieuses ainsi que les cérémonies et les objets sacrés qui sont dépeints ici peuvent varier d'une tribu à l'autre au Canada. Le lecteur est invité à s'adresser aux anciens de la communauté locale, qui pourront le renseigner sur les cérémonies traditionnelles et lui apprendre la signification des divers objets du culte.

Le cercle de vie

Vous avez remarqué que l'homme des Premières Nations fait tout en suivant un cercle, et cela parce que les forces du monde procèdent toujours par cercles et que chaque chose tend vers la rondeur.
Autrefois, quand nous étions un peuple fort et heureux, nous tirions tout notre pouvoir de l'anneau sacré, qui nous garantissait la prospérité tant qu'il restait intact.
En son centre, l'arbre en floraison se nourrissait aux 4 quadrants.
L'est apportait la paix et la lumière, le sud la chaleur, l'ouest la pluie et le nord, avec le froid et les grands vents, la force et l 'endurance.
Cette connaissance nous a été transmise du monde extérieur par notre savoir et les anciens.
Les forces du monde agissent toujours en cercle. Le ciel est arrondi et j'ai entendu dire que la terre est ronde comme une boule, et les étoiles, aussi le vent, quand il souffle avec force, tourbillonne. Les oiseaux construisent leurs nids en rond, car ils pratiquent un savoir identique au nôtre. Le soleil décrit un cercle au-dessus de nous, la lune fait de même. Même les saisons forment un grand cercle en se succédant dans un ordre immuable.
La vie humaine est aussi un cercle menant de l 'enfance à la veillesse, et il en est ainsi de tout ce qui est animé.
Nos tipis étaient ronds comme des nids d'oiseaux et disposés en cercle, anneau de la nation, le nid des nids où, selon la volonté du Grand Esprit, nous élevions nos enfants.
- Black Elk Speaks, Conseiller spirituel des Sioux Oglala en 1930

Traditions

Les cultures traditionnelles, courants authentiques et dynamiques, encouragent un épanouissement distinctif et subtil de la personne. Les hommes des Premières Nations puisent dans leurs grands principes spirituels, un sens de l'identité, de l'honneur et de l'estime de soi. Leur vie spirituelle repose sur la croyance en l'existence de liens étroits essentiels entre les choses de la nature, toutes les formes de vie de première importance se trouvant rattachées à la Terre- Mère.

La roue-médicine

Le symbole du cercle tient une place primordiale dans les croyances des Premières Nations. Pour l'homme des Premières Nations d'Amérique du Nord, dont la culture se transmet oralement de génération en génération, plutôt que par l'écriture, l'importance du cercle s'est toujours manifestée dans l'art et les rites. Les hommes et les femmes, expressions individuelles des forces du monde, se meuvent et se nourrissent dans la vie par un mouvement circulaire ou en spirale ininterrompu. Ce cercle est souvent désigné comme la roue-médecine. Les humains vivent, respirent et se déplacent, en donnant une force impulsive au mouvement circulaire, pourvu qu'ils vivent en harmonie, selon les vibrations du cercle. Chaque personne a la chance de découvrir un jour une facon de vivre en communion avec son milieu, suivant ces préceptes.

Les quatre lignes de force

Chacune des quatre directions représente un mode de perception différent, et aucune n'est jugée supérieure ou plus significative qu'une autre. On insiste toujours sur la nécessité de rechercher et d'explorer ces quatre grandes voies, afin que l'individu comprenne bien sa nature par rapport au monde qui l'entoure.
Les quatre points cardinaux sur le cercle transcendent les simples directions données par la boussole. Ils incarnent quatre grandes forces naturelles correspondent aux saisons et à leurs divers attributs.
Au nord est associée la sagesse. Sa couleur est le blanc, son animal fétiche le bison. C'est lui qui apporte la force et l'endurance.
Du sud, lieu de l'innocence et de la confiance, vient la chaleur et la croissance après l'hiver. Sa couleur est le vert (parfois aussi le rouge) et son animal fétiche la souris.
L'ouest est un lieu d'introspection. On l'associe au noir, à la pluie et à l'ours.
L'est est marqué du signe de l'aigle. II a comme couleur l'or, pour les rayons du soleil, le jour naissant et l'illumination. II donne la paix et la lumière.
Pour saisir toute la signification de la roue-médecine, il faut savoir que la vie consiste à gravir quatre collines, soit celles de l'enfance, de la jeunesse, de la maturité et de la vieillesse. Ces étapes, qui sont célébrées dans les rites comme les quatre principales périodes de la vie, correspondent aux quatre directions.

La première colline est le sud, contrée de l'innocence et de la confiance où l'enfant vient à la vie.
La deuxième colline, celle de l'introspection, à l'ouest, est le site de la veille solitaire et de la quête d'une vision. Cette première quête a pour but de découvrir des signes de la présence permanente du Grand Esprit.
C'est le moment où les guides attributés d'un animal fétiche s'introduisent dans l'esprit du jeune homme et forment une partie de son nom (Taureau Assis, Élan Noir, Cheval Fou, etc.). L'âme rêveuse qui habite maintenant l'adolescent permet à ce dernier d'accéder à des degrés de spiritualité plus élevés et d'avoir des visions pouvant lui servir de guides dans la vie.
La colline de la maturité, qui s'élève au nord, représente la découverte de ses aptitudes et de ses ambitions. C'est le terrain de la reconnaissance, où la recherche de la sagesse sous-tend et nourrit toute action. L'union profonde avec la vie se développe dans ce quadrant.
La dernière colline, celle de la vieillesse, est située à l'est. Elle constitue une période de tranquillité, de réflexion et de méditation, où les aînés peuvent transmettre leur science aux plus jeunes, car ils ont connu la joie et la peine, et les nombreuses épreuves et vicissitudes de la vie.

Les cérémonies

Les cérémonies sont le principal moyen d'expression des croyances religieuses. Un officiant ou un ancien veille à l'authenticité et à l'intégrité des observances religieuses. II n'y a pas d'écritures, car l'acte d'écriture enlèverait toute signification à la cérémonie. Les enseignements sont transmis d'ancien à ancien de façon strictement orale.

Les anciens

Les anciens peuvent être soit des hommes, soit des femmes. Ce qui les démarque le plus des autres c'est cette grande sagesse qui vient avec l'âge et l'expérience. Mais il y a des exceptions. Les anciens ne sont pas nécessairement vieux. L'esprit du Grand Créateur choisit parfois d'imprégner un jeune Autochtone. Les dons spirituels des anciens varient. Certains peuvent interpréter les rêves, d'autres sont d'adroits herboristes ou des guérisseurs pendant la cérémonie de la sudation.

Les prières

Les hommes des Premières Nations communiquent avec le Grand Créateur et les esprits auxiliaires par des prières qu'ils adressent individuellement ou en groupe.

Le calumet

Le calumet est fumé à l'occasion de cérémonies privées ou collectives, où la prière se répand avec la fumée de la plante qui se consume. Le calumet n'a pas de longueur fixe. Certains modèles ont un tuyau décoré de perles ou de cuir. D'autres sont sculptés avec art et ont un fourneau incrusté d'argent. Le fourneau peut être en bois ou en stéatite, incrusté ou sculpté en forme d'animal totémique (un aigle aux ailes déployées) ou d'un autre animal sacre.

On doit démonter le calumet pour les déplacements. Cet objet n'est pas la propriété d'un individu en particulier. II appartient à toute la communauté. Le porteur du calumet en est généralement le dépositaire. Si chaque Autochtone a le droit de porter le calumet, ce privilège s'acquiert en pratique par voie religieuse. Le calumet est normalement confié à un autre gardien en vertu des règles strictes du jeûne et de la purification. II y a des calumets réservés à l'usage des hommes ou à celui des femmes, et qui deviennent impure dès qu'ils viennent à être touchés par une personne de l'autre sexe.

La cérémonie du calumet

La cérémonie du calumet est une grande réunion à laquelle président les anciens. Les participants se rassemblent en cercle. On enflanme une tresse de foin (une des quatre plantes sacrées) et on la fait brûler comme de l'encens pour purifier les fidèles avant d'allumer le calumet. Le foin d'odeur qui brûle symbolise également l'unité, c'està- dire l'union des coeurs et des esprits dans un seul et même corps.

L'ancien fait craquer une allumette, la porte à l'extrémité de la tresse de foin d'odeur et attise l'herbe fumante avec une plume d'aigle pour activer la production de fumée. Puis, il va d'un participant à l'autre dans le cercle, et chacun ramène quatre fois la fumée vers sa tête et son corps à l'aide de gestes de la main. L'ancien continue pendant ce temps d'attiser le bout incandescent pour que l'herbe continuer de brûler avec la même étincelle.

L'ancien bourre ensuite le calumet de tabac et l'élève aux quatre directions sacrées. Certaines tribus de l'ouest commencent par l'ouest, tandis que les tribus orientales préfèrent se concilier l'esprit de l'est, d'où monte au point du jour la lumière qui éclaire et porte conseil. L'ancien se tourne après vers le sud, où réside l'esprit tutélaire de la croissance après l'hiver. Puis il fait face à l'ouest et au monde des esprits, où habitent les âmes de ceux qui ont quitté ce monde. Enfin, il rend hommage à l'esprit du nord qui guérit et purifie le corps.

Plantes sacrées: le cèdre, la sauge, les tresses de foin d'odeur, la racine de Calamus, les feuilles de peuplier et le tabac.

Les esprits sont invoqués dans la prière principale, dédiée à un participant à la cérémonie, un défunt ou quelqu'un qui se trouve éloigné. Circulant de l'un à l'autre dans le cercle, le calumet est fumé en l'honneur de toute la création et des esprits auxiliaires invisibles toujours présents pour guider l'humanité. Les dernières bouffées de tabac sont pour le Grand Créateur. Une autre version de la cérémonie du calumet est celle du cercle sacré, qui se déroule essentiellement comme la première, sauf qu'elle comporte des périodes pendant lesquelles les participants peuvent s'adresser à l'assemblée.

Le Jeûne

Le jeûne est un moyen consacré par l'usage de stimuler la spiritualité, auquel se livrent un nombre grandissant d'Autochtone. Un ancien offre les conditions et le cadre nécessaires pour guider le jeûneur, qui doit renoncer entièrement à toute nourriture et à tout breuvage pendant une période bien déterminée. L'ancien responsable et un médecin évaluent l'état de santé du sujet avant que le jeûne ne commence.

La loge à sudation

Utilisée principalement pour la prière en commun, la loge à sudation peut aussi servir de cadre cérémoniel aux rites de la guérison et de la purification de l'âme, ainsi que du jeûne. La plupart des jeûnes sont souvent précédés et suivis d'une cérémonie de sudation.

La construction de la loge varie d'une tribu à l'autre. II s'agit généralement d'une structure en forme d' igloo d'environ cinq pieds de haut, construite en une heure et demie environ à l'aide d'un treillis de branches de saule recourbées recouvert de peaux pour empêcher la lumière de pénétrer. Jusqu'à huit personnes peuvent s'y rassembler dans le noir.(voir+)

Au centre de la loge se trouve un espace vierge sacré (qui n'a jamais été piétiné ni souillé par des déchets), que l'ancien bénit avec le tabac et le foin d'odeur. C'est là que sont déposées des pierres préalablement chauffées à l'extérieur et que l'on asperge d'eau. Un portier ouvre quatre fois la porte de la loge pour apporter quatre nouvelles pierres chauffées (représentant les 4 directions sacrées), ainsi qu'un calumet prêt à fumer. La loge à sudation peut être démontée après la cérémonie, mais souvent on la laisse érigée pour la prochaine cérémonie. On ne peut entrer dans une loge qu'en la présence d'un ancien.

Les festins

Certaines cérémonies comme la suerie hygiénique exigent du participant qu'il prenne un repas. Il y a des rites au cours desquels sont consommés des aliments spéciaux. La nourriture sacrée des Saulteux, par exemple, est le riz sauvage, le maïs, les fraises et la viande de cerf. Chez les Cris des prairies, le menu du festin se compose habituellement de pain de bannique, de soupe, de viandes sauvages et de fruits (surtout des amélanches ou des cerises de Virginie écrasées). Pour les Autochtones de la côte guest, les repas sacrés comprennent souvent du poisson apprêté d'une facon spéciale. Bien que les aliments varient dans chaque cas, leur importance symbolique demeure la même.

Hochets

Quand quelqu'un est malade, on agite des hochets pour invoquer l'esprit de la vie. Les anciens se servent également de ces instruments pour appeler les esprits qui gouvernent les quatre directions, afin d'aider à entreprendre une nouvelle vie les participants à une cérémonie de sudation qui recherchent la purification spirituelle et physique.

Tambours

Les tambours sont le pouls de la nation et de l'univers. On en utilise de différentes tailles, selon les usages. Comme ce sont des objets sacrés, quelqu'un veille à ce que personne ne s'en approche sous l'effet de l'alcool ou des drogues. Pendant les cérémonies, il est interdit de se percher au-dessus des tambours ou d'y déposer des objets divers.

Sifflets en os d'aigle

Quand un danseur s'approche des tambours et souffle dans un sifflet en os d'aigle, les batteurs lui répondent par un chant de circonstance. Le sifflet retentit quatre fois pour honorer les tambours, les danseurs et l'esprit de l'aigle. On chante quatre couplets, soit un toutes les fois que le sifflet se fait entendre. Des règles strictes sont établies pour limiter le nombre de répétitions de ce rituel au cours d'un powwow.

Herbes et encens

Le foin d'odeur, la sauge, le cèdre et le tabac sont les 4 plantes sacrées des Premières Nations. Les brûler est un signe de profonde spiritualité. Le cèdre et la sauge ont pour but d'éloigner les forces négatives au moment de la prière. Le foin d'odeur, synonyme de bonté, sert à appeler les bons esprits. Avant de se rendre à un powwow, il arrive que les participants maculent de ces herbes leurs atours, leurs tambours et d'autres objets. Les 4 plantes sont utilisées tant dans les cérémonies individuelles que collectives. Chacune a été attribuée à l'origine à une tribu en particuliers. On les emploie ensemble ou individuellement comme encens, que l'on allume ordinairement dans une coquille d'haliotide ou un autre genre de contenant qui se passe de mains en mains en suivant un cercle.

Les sacs-médecine

Celui qui recherche la miséricorde et la protection des esprits des quatre directions peut transporter les plantes que lui a prescrites un ancien dans un sac-médecine. II est cependant prévenu de ne pas y dissimuler d'autres substances, car ce serait se moquer des croyances que de le faire.

Le peyotl, un hallucinogène utilisé historiquement par les hommes des Premières Nations dans certaines parties des É.-U., n'est généralement pas considéré comme un élément de la culture des Autochtones du Canada. D'autres herbes et des déjections ou des organes d'animaux, par exemple de la moisissure de saule jaune et des testicules de castor et des excréments de bison séchés et mis en poudre, peuvent être brûlés dans des cérémonies.

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